Les enregistrements historiques de Gigli

beniamino gigli
beniamino gigli dans le film forget me not


Période acoustique

  • «Cielo et mar», cd Nimbus NI 7807 où Gigli interprète d’une beauté captivante et remplie d’émotions cet aria qui ne cesse de nous  caresser l’oreille par sa beauté voluptueuse. Il déjoue avec une facilité déconcertante tous les pièges de la partition, que ce soit dans les grands airs d’opéra ou bien dans les chants traditionnels italiens.
  • «Nel verde Maggio» dans l’opéra Faust de Gounod.
  • «Improvviso», Andrea Chenier où il rendrait fiers les ténors dramatiques, lui qui avaient une voix essentiellement lyrique.
  • «O dolci mani», Cavadarossi dans Tosca de Puccini.
  • «Spirto gentil», La Favorita de Donitzetti.
  • «Noturno d’amore»« chant napolitain.
  • «Amor ti vieta», Fédora de Giordano, «Cherry duet» de l’Amico Fritz, »Cielo e mar», acte 2 de Roméo et Juliette avec Lucrezia Bori (cd PEARL GEMM 9423)

Période électrique

  • «Une futiva lagrima», l’Elisir d’Amore où chaque note constitue un cadeau d’une valeur inestimable.
  • «Vesti la giubba», I Pagliacci (1934), (CDH 76 309 2) est un véritable tour de force d’enregistrement à Milan. On sait que Gigli attendit jusqu’à l’âge de 52 ans avant d’aborder le rôle à la scène.
  • «Che gelida manina» avec Licia Albanese dans la Bohème de Puccini où Gigli exprime à ‘extrême les émotions de Rodolfo comme l’avait si bien demandé le compositeur avec l’annotation recommandée «con massima espressione»
  • «Addio fiorito asil», Pinkerton dans Madama Butterfly (CHS 7 633335 2) un pure joyau inestimable de cascade d’émotions.
  • Tosca de Puccini (CHS 7 633338 2).
  • Andrea Chenier (CHS 7 699996 2) en intégrité en 1942 à La Scala qui démontre que da voix n’a pas changée depuis les enregistrements acoustiques.
  • Cavalleria Rusticana de Mascagni où le compositeur âgé de 76 dirige la prestation, (CHS 7 69987 2).
  • Un Ballo in Maschera de Verdi (CHS 7 769993 2) dont plus précisément «La revedrà nell’estasi» et «È scherzo od è follia»,
  • Aida de Verdi (CHS 7 633331 2), où Gigli âgé de 56 ans, possède toujours un legato moelleux et un timbre suave lorsqu’il interprète «Celeste Aida» .Le journal  News Chronicle souligne son agilité vocale. Gigli aborda la première fois le rôle de Radames à l’âge de47 ans.

Filmographie

La voix claire-obscure de Beniamino Gigli

La nativité de Correggio
La nativité de Correggio

La voix de Gigli me fait penser à la célèbre  peinture  «La Nativité » de Correggio. Il s’agit d’une oeuvre aux teintes claires-obscures, «chiaroscuro» Cette toile représente l’Enfant-Dieu reposant dans un environnement sans lumière. En l’observant , nous avons l’impression que la lumière jaillit du berceau où repose  l’Enfant. La toile nous fascine et nous éblouie par tant de luminosité.

À l’instar de Correggio, Gigli était capable de peindre avec sa voix comme nul autre. Il pouvait utiliser trois couleurs différentes pendant quelques minutes de chant. On pouvait discerner toutes les nuances de sa palette vocale comme dans l’aria « No! Pagliacco non son», ou encore «La Donna è Mobile». Quelle mezza voce (voix mixte), si difficile à reproduire pour un interprète. Beaucoup ont tenté de l’imiter, sans jamais réellement y parvenir comme l’ont tenté Franceso Albanese, Ferruccio Tagliavini et Carlo Buti.

Je ne cache pas que je considère Beniamino Gigli comme un de mes interprètes préférés. Pour moi, il est difficile de surpasser le maestro parmi les quelques interprétations suivantes, dont ma mère possédait les disques 78 tours et que j’avais un bonheur extrême à écouter étant enfant:

  1. Cilea, Adriana Lecouvreur «La Dolcissima Effigie»
  2. Giordano, Andrea Chénier «Impovviso»
  3. Leoncavallo, Pagliacci, «No! Pagliaccio non son!»
  4. Ponchielli, La Giaconda «Cielo e mar!»
  5. Puccini, La bohème «Trio de l’acte 3»
  6. Puccini, Manon Lescaut «Donna nonvidi ma
  7. Wagner, Lohengrin «Le chant du signe» (chanté en italien)
  8. Verdi, La Forza del Destino «O, tu che in seno angl’angeli»
  9. Chants divers:
    • Becce «Tu sei la vita mia»
    • Cecconi «Tre Parole»
    • Cinque «Mattinata Veneziana»
    • De Crescenzo «Quanno a femmena vo»
    • De Curtis «Addio sogno»
    • Denza «Occhi di Fata»
    • Di Veroli «Casarella»
    • Melichar «Anima Mia»

Sans oublier «Amor ti vieta», «O Paradiso!» ou «Quando le sere al placido», ainsi que d’autres arias où je considère que Gigli n’a pas été égalé ou surpassé à ce jour.

Écouter Gigli c’est comme regarder la «La Nativité» de Correggio.

Gigli in Concert

The song is called QUANDO »A FEMMENA VO’… Also called Turì-Turì-Turò. The lyrics are from Giovanni Ingentino and the music by Vincenzo de Crescenzo. Its in Napolitanian.

The refrain is in english:

Turi,turi,turo-turi,turi, tura

no good trying to say no

no good trying to resist

when a woman wants

she gets it into your eyes !

Much pleasure of listening !

Gigli sang it also at the forum Montreal, may 12, 1955

Hans NL

qklq42 il y a 1 an

La plus belle voix que j’ai entendue et admirée (Birgit Nilsson)

Birgit Nilsson as Lady Macbeth in the opera by...
Birgit Nilsson dans le rôle de Lady Macbeth de Verdi

Lorsque l’interviewer de la revue Opera News demanda à Birgit Nilsson qu’elle a été la plus voix qu’elle a entendue, sa réponse fut «Beniamino Gigli».

Par bonheur, j’ai eu le privilège d’entendre et d’admirer plusieurs des plus belles voix. Celle qui m’a le plus impressionné fut Beniamino Gigli. C’était en février 1952 à  l’Opéra de Stockholm dont l’invité était le grand ténor pour interpréter le rôle de Cavaradossi dans Tosca. Comme j’étais incore inconnue pour l’illustre ténor, la maison d’opéra me demanda de lui faire parvenir un enregistrement de ma voix. Gigli trouva que ma voix convenait bien pour sa Tosca. Une grosse heure avant la représentation, il faisait les cent pas dans le corridor, prêt et déja costumé. Il semblait nerveux et anxieux avant d’entrer en scène. Il avait 62 ans, un vieux  jovial, et ne voulait pas paraître comme un amoureux passionné. Mais, comme il chantait. Je n’ai jamais auparavant été autant impressionné par tout autre chanteur de toute ma vie. Sa voix était un vérittable torrent d’or fondu, il pouvait faire ce qu’il voulait avec. Il pouvait l’augmenter, la diminuer, faire un crescendo sans interruption, toujours  avec des merveilleuses et séduisantes notes – et avec quelles émotions. Il n’était pas un acteur et il n’avait pas besoin de l’être. La voix disait tout. Son aria «E lucevan le stelle» et son duo suivant «O dolci mani» fut pour moi une expérience inoubliable, laquelle je me souviendrai tant que je vivrai. J’avais l’impression que pour lui chanter était plus naturel que de parler. Après la représentation, lors du souper au restaurant de la maison d’opéra, Gigli continua à chanter des chansons italiennes jusqu’à trois heures du matin; il était aussi heureux qu’un enfant. Eh moi? J’étais au septième ciel. – Birgit Nilsson