Jussi Bjöerling, la voix de pur saphir

jussi bjöerling
jussi bjöerling

Je me rappelle le moment précis où  j’ai été séduit à tout jamais par la voix de Bjöerling lors de l’écoute de l’enregistrement  La Bohème de Puccini dirigée par Thomas Beecham. J’ai toujours préféré tous ses interprétations contrairement à d’autres chanteurs. Je me rappelle également comment il m’a exalté dans Tosca au moment où Cavadarossi  interrompt l’arietta de Floria au cours du duo du premier acte «Ah! M’avvinci nei tuoi lacci!» (Ah! tu m’as pris dans ton piège). Il m’a pris au piège, il m’a hypnotisé à tout jamais. Quelle joie! Quelle félicité! 

À l’instar de Gigli qui fut le chanteur tant aimé du chant  napolitain, Bjöerling l’était tout autant dans les airs suédois et norvégiens. Que dire de l’un des ses plus grandes interprétations «Till havs »de Gustaf Nordqvist, le chant le plus connu en Suède?  Comment Jussi pouvait-il arriver à séduire avec autant de charisme dans une langue aussi étrangère? De la pure magie.

On raconte qu’il n’hésitait jamais à satisfaire son public lorsqu’il on lui demandait d’interpréter Tonerna de Sjöberg, dont les mots décrivent si bien l’âme de Bjöerling.

Thought, whose struggles only the night can see!
Music, it asks to rest in you.
Heart, that suffers by the daily roar!
Music, I wish to escape to you.

Pensée, dont les luttes que seule la nuit peut voir!
Musique, elle ne demande que de demeurer en vous.
Cœur, qui souffre par le rugissement quotidien!
Musique, je souhaite m’échapper en vous.